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Bertrand Belin, la bande-son de l'année

Persona, le nouvel album de Bertand Belin vient de sortir et c'est déjà une bonne nouvelle en soi. Autre motif de satisfaction, des morceaux plus accessibles avec sans doute des textes moins ésotériques, moins de boucles répétées, moins de minimalisme. Ce n'est pas tant qu'il faille changer pour plaire au plus grand nombre. Belin poursuit sa voie avec justesse et une classe toute naturelle et on ne peut que souhaiter qu'il touche un public plus large. Ne serait-ce que parce qu'il incarne peut-être mieux qu'un autre la bande-son d'aujourd'hui. J'entends par là la musique -et les paroles- qui font écho aux questions sociétales du moment. Lorsqu'on lit Reverdy (L'hiver du mécontentement qui raconte l'Angleterre de 78/79 avant l'arrivée au pouvoir de M.Thatcher), on comprend que la bande-son qui accompagne cette période est bien plus qu'un décor sonore : les Buzzcocks, The Damned, The Clash, Joy Division, Adam and the ants. Je mets Bertrand Belin au même niveau. Et même si lui se réclame davantage de Bill Callahan, B comme Belin me fait penser à B comme Bashung.

Dans un coin d'architecture manqué
Un méandre de la cité
Allons bon
Cachant à ma raison que du temps à passé
Je chéris ton cœur
Adoré

La nuit je parle
Je parle seul
Je te parle tout seul
Pour te dire des choses nouvelles Je chéris ton cœur Adoré

Contournant un vaste chantier
De pluie de planches
D'acier suspendu
Songeant au sommeil
Ma thématique des grues
Je chéris ton cœur
Adoré

La nuit je parle
Je parle seul
Je te parle tout seul
Pour te dire des choses nouvelles

(extrait de Choses nouvelles par Bertrand Belin)

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